Les risques pour la santé animale

Les poils urticants (ou soies) émis par les chenilles processionnaires du pin et du chêne sont hautement urticants pour les animaux.

Ces soies peuvent provoquer diverses réactions :

  • INFLAMMATION DES MUQUEUSES ET NECROSE 
  • ATTEINTE OCCULAIRE
  • SALIVATION EXCESSIVE
  • VOMISSEMENT
  • IRRITATIONS DES VOIES RESPIRATOIRES 
symptômes chenilles processionnaires urticant humain et animaux (chiens, chats)

Les chenilles processionnaires représentent un réel danger non seulement pour l’Homme mais également pour les chiens et les chats. Ceux-ci sont attirés par le mode de déplacement particulier de ces chenilles et ont tendance à vouloir les lécher et les attraper. Les chiens sont généralement plus concernés que les chats.

Quels en sont les signes cliniques ?

Les premiers signes cliniques surviennent dans les 2 heures après le contact avec les poils urticants et allergisants de ces chenilles qui contiennent la substance responsable des troubles, la thaumatopoétine.

Le chien commence à baver brusquement, à vomir, à se gratter la face. La plupart du temps, les lésions observées très douloureuses concernent surtout la cavité buccale, la face ou les yeux, plus rarement, l’appareil respiratoire.
Un gonflement de la langue ou des babines est noté. Ce gonflement peut être tel que la langue sort de la bouche, elle est rouge puis peut devenir noire dans les 24 à 48 heures avec un risque réel de nécrose (la partie de la langue nécrosée peut tomber).

Lors d’atteinte oculaire, les poils sont responsables de conjonctivite et kératite œdémateuse ulcéreuse aiguës très douloureuses, en rapport avec leur propriétés urticantes et migratrices ; des lésions endoculaires graves peuvent être induites (uvéite, voire atteinte vitréo-rétinienne). Lors d’inhalation de poils urticants, une détresse respiratoire voire un choc peuvent survenir, le pronostic vital peut être engagé.

Que faire ?

  1. D’abord, mettre des gants avant de toucher la bouche de votre chien car vous risquez également de présenter des signes cliniques parfois graves
  2. Lui rincer abondamment la bouche avec de l’eau froide (compter 10 à 15 minutes de rinçage).
  3. Contacter le plus rapidement possible un vétérinaire, car il s’agit d’une véritable urgence et le pronostic vital peut être engagé. Selon la sévérité des signes cliniques, le vétérinaire fera un traitement symptomatique dont les objectifs sont la lutte contre l’inflammation, la douleur et les surinfections possibles. Dans les cas graves, votre compagnon pourra être hospitalisé pour des mesures de réanimation.

Lors de nécrose trop importante de la langue, une amputation partielle (glossectomie), devra être effectuée.

Désordres liés aux chenilles processionnaires chez les équidés

Les cas d’envenimations répertoriés par le CNITV sont extrêmement rares. Ce sont des cas accidentels où les chevaux ont été en contact direct avec les poils urticants, ou les ont inhalés, voire avalés (après qu’ils aient été déposés sur l’herbe broutée par une procession ou par transport aérien). Dans l’immense majorité des cas, les cas rapportés se situent à proximité immédiate de pins (maritimes et sylvestres) mais aussi éventuellement de cèdres ou de chênes.

Les symptômes sont :

  • Au niveau de la bouche, une hypersalivation et un prurit d’installation rapide (en quelques heures), puis gonflement de la langue, de la tête, voire du cou. Les tissus envenimés de façons intense peuvent évoluer en nécrose, avec des ulcères buccaux, des glossites,
  • les poils inhalés peuvent entrainer un oedème laryngé,
  • les poils au contact de la cornée et/ou des conjonctives entrainent des blépharites importantes et des kérato-conjonctivites sévères et très prurigineuses.

La marche à suivre impose :

  • d’enlever la cause : mettre des gants et enlever les poils urticants là où ils se sont déposés (yeux, nez, bouche), et de rincer abondamment à l’eau claire ou au sérum physiologique,
  • de gérer les conséquences en appelant le vétérinaire pour atténuer les démangeaisons, gérer les lésions et prévenir leur dégradation ; cela passe généralement par un recours aux traitements à base de corticoïdes en local et/ou par voie générale.

Page créée avec l’aide des vétérinaires de la Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires (SNGTV) pour « grands animaux domestiques »  et l’Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie (AFVAC) pour les petits animaux de compagnie.